Etre à l’écoute de son corps pour guérir

Oct / 23

Etre à l’écoute de son corps pour guérir

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Se sentir coincée dans son corps et avoir du mal à l’accepter? Je connais. Vous également? Un accident? Une maladie qui vous a empêché de bouger partiellement ou totalement?

Les exercices traditionnels ne fonctionnaient pas pour Jennifer Alexander, atteinte de l’ataxie de Friedreich1, et qui utilise un fauteuil roulant – mais le Nia, elle en fait. «Je ne peux pas faire les mouvements, alors je les adapte avec mes bras», dit-elle.2

En quatre ans d’enseignement du Nia, j’ai moi-même vécu deux fois la sensation d’être coincée dans mon propre corps. J’ai alors éprouvé la colère et la frustration de ne pas pouvoir bouger et danser comme j’aime le faire et comme j’en suis capable.

Aujourd’hui c’est la tristesse qui l’a emporté, et je l’ai exprimée.

Je me réjouissais depuis plusieurs jours de participer au premier workshop de Nia donné par Ann Christiansen en Suisse romande. Ann a été à la fois celle qui m’a introduite au Nia, et la première qui m’a aidé à écouter mon corps et mon coeur à travers cette technique. C’est également la première personne qui m’a donné l’envie d’éveiller à mon tour les autres à la joie de vivre et de bouger.

Seulement, l’univers en a décidé autrement. Dimanche est arrivé, suivant une fin de semaine inattendue. C’est en effet avec une immobilisation de l’épaule, due apparemment à un tendon déchiré, que j’ai commencé cette journée. Lorsque je me suis réveillée, j’étais motivée à aller au workshop en tant qu’observatrice. J’étais prête à recevoir toutes les bonnes ondes que ce moment pourrait m’apporter. Alors que je m’apprêtais à partir, mon corps m’a montré son désaccord. Une douleur à l’épaule. Un arrêt sur images. Quelques secondes pour me décider. Qui serais-je à enseigner l’art d’écouter son corps si je ne le fais pas moi-même ?

J’ai laissé mes affaires en plan devant la porte. J’ai remis mon training et je suis retournée m’allonger, des larmes dans les yeux et un mélange d’émotions dans le ventre.

Je t’aime mon corps, et je sais que, quand tu me parles, tu as de bonnes raisons !

Dans les heures qui ont suivi, j’ai reconnu la justesse des paroles de mon corps, et la douceur de son message d’alarme. En effet, main gonflée, douleurs brûlantes, je n’aurais pas pu tenir deux heures assise dans la salle de danse. Et je n’aurais pas non plus aidé mon corps à guérir en faisant cela.

Voilà une des raisons pour lesquelles j’enseigne le Nia.

Je crois que chacun d’entre nous est capable d’écouter les signes que son corps lui envoie pour guérir ou rester en bonne santé !

Nia - Joie et santé par le mouvement

 

Depuis au moins deux ans je n’ai plus de rhume, de bronchite asmathique, ni de rhume des foins. Et je sais que ces bienfaits découlent de l’intégration du Nia, non seulement dans mes cours de danse, mais également dans tous les autres domaines de ma vie. A chaque cours que je donne ou prends, je découvre différents aspects de moi-même. J’apprends à écouter mon corps en mouvement pour pouvoir faire de cet exercice d’une heure un exercice de vie.

 

1Maladie neuro-dégénérative qui se traduit notamment par des troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements volontaires (ataxie)

2Extrait traduit de l’article de Megan Kaplan, Utne magazine, May / June 2006